[Verse 1]
Ceux qui restent ne font pas de bruit,
Ils tiennent simplement, ils tiennent,
Comme tiennent les pierres dans la nuit
Sur les chemins que personne ne retient.
Ils ont enterré des êtres chers,
Ils ont regardé partir des amours,
Ils ont refermé des portes de fer
Sur des hivers qui n’avaient pas de jours.
Et pourtant chaque matin les retrouve
Debout avant que la lumière arrive,
Faisant leur café avec cette épreuve
Tranquille des gens dont la vie est vive.
Ils ne réclament pas qu’on les admire,
Ils ne demandent pas qu’on les comprenne,
Ils ont appris à tenir sans rien dire
Et à porter leurs joies comme leurs peines.

[Chorus]
Ceux qui restent ne sont pas ceux qui n’ont pas souffert,
Ce sont ceux qui ont souffert et qui ont choisi quand même,
De ne pas laisser la nuit avoir le dernier mot,
De chercher dans le gris la lumière du poème.
Ceux qui restent portent leurs cicatrices debout,
Comme on porte un drapeau dans un pays sans guerre,
Avec cette fierté douce qui ne dit rien du tout
Sinon — j’ai traversé, et me voilà encore sur terre.

[Verse 2]
Je les vois dans les cafés tôt le matin,
Avant que la ville reprenne ses droits,
Ils lisent, ils regardent au loin,
Ils pensent à quelqu’un qu’on ne sait pas.
Il y a dans leurs yeux cette clarté
Des gens qui ont longtemps regardé le fond,
Et qui en sont remontés sans se vanter
Avec juste la lumière pour horizon.
Leur courage n’a pas de médaille cousue,
Leur vaillance ne fait pas de discours,
Elle se lit dans la façon têtue
Qu’ils ont de recommencer toujours.

[Bridge]
Je suis l’un d’eux ce soir, je crois,
Assis dans ce café qui ferme,
Avec mes morts posés sur moi
Comme des manteaux que rien ne désarme.
Je suis l’un d’eux — ni vainqueur ni vaincu,
Juste un homme qui a fait le tour
De tout ce qu’il a eu et perdu
Et qui repart quand même vers le jour, vers la vie.
On ne choisit pas toujours de rester —
Parfois c’est quelqu’un qui a besoin
Que tu sois là, que tu résistes,
Et ça suffit.
Ça suffit à tenir le chemin.

[Chorus]
Ceux qui restent m’ont appris à rester,
Ils m’ont montré qu’on peut tenir le noir
Et chercher quand même à s’illuminer
Sans trahir ce qu’on a traversé pour voir.
Ils m’ont appris que le courage ordinaire —
Celui qui ne fait pas les manchettes —
Est peut-être le plus nécessaire,
Le plus beau, le plus honnête.
Ceux qui restent sont la vraie lumière,
Pas celle qui éblouit et qui s’en va,
Mais celle qui demeure, familière,
Et qui dit doucement — tu es là.

[Outro]
Ceux qui restent.
Ils ne font pas de bruit.
Ils tiennent.
Et c’est tout.